Santé de la prostate : comprendre les signes et agir pour mieux prévenir

La santé de la prostate est un sujet essentiel de la santé masculine, particulièrement avec l’avancée en âge. Pourtant, les troubles prostatiques restent encore trop souvent méconnus, banalisés ou difficiles à aborder. En Afrique subsaharienne notamment, le manque d’information, certains tabous et l’accès parfois limité aux soins peuvent retarder la consultation et le dépistage.

En Afrique, la prévalence de l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP) est estimée à 44 %, selon une revue systématique et méta-analyse portant sur 13 études, 5 619 participants et des données recueillies entre 2011 et 2024 [6].

Exphar souhaite contribuer à ouvrir la conversation autour de la santé prostatique et à encourager les hommes à être davantage attentifs aux changements de leur corps. Mieux comprendre le rôle de la prostate, reconnaître certains symptômes urinaires et savoir quand en parler à un professionnel de santé sont autant de réflexes qui participent à une meilleure prévention.

3 points clés à retenir sur la santé de la prostate

  • Comprendre la prostate : son rôle et son évolution naturelle avec l’âge.
  • Reconnaître les signes : les changements urinaires auxquels il est important d’être attentif.
  • Miser sur la prévention : l’importance d’en parler à son médecin et de s’informer sur le dépistage.

La prostate : une petite glande à laquelle être attentif

La prostate est une glande de l’appareil reproducteur masculin. Elle se situe sous la vessie et entoure une partie de l’urètre [1].

Avec l’âge, la prostate peut augmenter de volume. On parle alors d’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP). Celle-ci peut entraîner différents troubles urinaires : besoin fréquent d’uriner, difficultés à commencer à uriner, diminution du jet ou encore envies d’uriner pendant la nuit. Ces symptômes peuvent avoir un impact sur le confort quotidien et la qualité de vie [1].

C’est pourquoi certains changements ne devraient pas simplement être attribués au vieillissement. Les reconnaître constitue une première étape importante vers une meilleure prévention des troubles prostatiques.

Quels signes doivent attirer l’attention ?

Les symptômes urinaires peuvent s’installer progressivement. Un homme peut alors s’y habituer et finir par les considérer comme faisant naturellement partie de l’âge.

Pourtant, le message de prévention est clair : un changement dans ses habitudes urinaires mérite d’être observé et, s’il persiste, discuté avec un professionnel de santé [2].

Changements à observerQuel réflexe adopter ?
Besoin d’uriner plus fréquemmentÊtre attentif à une modification inhabituelle de la fréquence
Réveils nocturnes pour urinerNe pas systématiquement les considérer comme normaux avec l’âge
Jet urinaire plus faibleObserver son évolution et en parler s’il persiste
Difficulté à commencer à urinerDemander l’avis d’un professionnel de santé
Changements urinaires persistantsConsulter afin d’en rechercher la cause
À partir de 50 ansParler avec son médecin de santé prostatique et de dépistage

Ces différents signes ne permettent pas, à eux seuls, d’identifier leur origine. Ils peuvent avoir plusieurs causes et ne signifient pas nécessairement qu’une maladie grave est présente. Un professionnel de santé pourra évaluer la situation et orienter le patient si des examens sont nécessaires [2].

Pourquoi parler du dépistage des troubles de la prostate ?

L’un des enjeux de la prévention en santé masculine est d’encourager les hommes à ne pas attendre qu’un problème devient particulièrement gênant avant de consulter.

Le dépistage permet de faire le point avec un professionnel de santé et d’identifier plus précocement d’éventuels troubles prostatiques. Selon la situation de chaque patient, différents examens peuvent être envisagés.

Le dosage du PSA et le toucher rectal font notamment partie des examens mentionnés dans le cadre de la détection précoce du cancer de la prostate [3][4]. Le médecin reste toutefois l’interlocuteur privilégié pour déterminer les examens appropriés selon l’âge et la situation individuelle.

La prévention repose ainsi sur une démarche simple : mieux connaître son corps, observer les changements et ne pas hésiter à en parler.

Après 50 ans, faire de la prévention un réflexe

Prendre soin de sa santé prostatique ne signifie pas attendre l’apparition de symptômes. Avec l’âge, parler régulièrement de prévention avec son médecin permet de mieux comprendre les changements qui peuvent survenir et de savoir comment y réagir.

Pour les hommes présentant un risque moyen, l’American Cancer Society recommande notamment d’aborder avec un professionnel de santé la question du dépistage du cancer de la prostate à partir de 50 ans. Cette discussion peut intervenir plus tôt en présence de certains facteurs de risque [3].

L’entourage peut également contribuer à cette démarche. Les conjointes, familles et proches peuvent aider à ouvrir le dialogue et encourager les hommes à consulter lorsqu’un changement est constaté.

Faire de la santé de la prostate un sujet dont on peut parler naturellement contribue ainsi à lever les tabous et à favoriser une prise en charge plus précoce.

Vous avez plus de 50 ans ? Parlez de votre santé prostatique avec votre médecin et renseignez-vous sur le dépistage.

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FAQ – Santé de la prostate

1. À partir de quel âge faut-il surveiller sa prostate ?

Les troubles prostatiques deviennent plus fréquents avec l’âge [1][5]. La sensibilisation à la santé prostatique concerne les hommes dès 40 ans, avec une attention particulière après 50 ans. À partir de cet âge, il est utile d’aborder la question de la prévention et du dépistage avec son médecin [3].

2. Quels sont les principaux signes pouvant attirer l’attention ?

Une envie d’uriner plus fréquemment, des réveils nocturnes, un jet urinaire plus faible ou des difficultés à commencer à uriner sont des changements qui méritent une attention particulière [1][2]. Ces symptômes peuvent avoir différentes origines : un avis médical est nécessaire pour en déterminer la cause.

3. Comment se déroule le dépistage des troubles de la prostate ?

Différents examens peuvent être envisagés par un professionnel de santé. Le dosage du PSA et le toucher rectal font notamment partie des examens utilisés dans le cadre de la détection précoce du cancer de la prostate [3][4]. Le médecin pourra déterminer l’approche appropriée en fonction de la situation de chaque patient.

Sources

[1] National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIDDK)Prostate Problems. Informations sur le rôle de la prostate, l’hypertrophie bénigne de la prostate (HBP), son évolution avec l’âge et les principaux symptômes urinaires associés.

[2] National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIDDK)Prostate Tests. Informations sur les symptômes pouvant nécessiter une évaluation médicale et les différents examens utilisés pour rechercher l’origine de troubles prostatiques.

[3] American Cancer Society (ACS)Recommendations for Prostate Cancer Early Detection. Recommandations concernant la discussion autour du dépistage du cancer de la prostate selon l’âge et les facteurs de risque.

[4] American Cancer Society (ACS)Screening Tests for Prostate Cancer. Informations sur le dosage sanguin du PSA, le toucher rectal et leurs rôles dans la détection précoce du cancer de la prostate.

[5] National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases (NIDDK)Urologic Diseases in America: Benign Prostatic Hyperplasia and Associated Lower Urinary Tract Symptoms. Données et informations de référence sur l’hypertrophie bénigne de la prostate et les symptômes urinaires associés.

[6] Burden and determinants of benign prostate hyperplasia in Africa: Systematic review and meta-analysis.
Revue systématique et méta-analyse portant sur 13 études menées en Afrique et 5 619 participants entre 2011 et 2024. Les auteurs rapportent une prévalence combinée de l’HBP de 44 % (IC à 95 % : 31–57 %) en Afrique.